Quel prix pour un plâtre signé RODIN ?

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Parfois il m’arrive d’être consultée pour de véritables chefs d’oeuvres et là je ne boude pas mon plaisir ! Cette dernière mission juste avant de partir en vacances m’amène à voir une sculpture en plâtre signée RODIN qui a malheureusement été endommagée. Justement, une oeuvre similaire est annoncée en vente publique à CANNES. La compagnie d’assurance me demande d’évaluer le préjudice.

“Les bacchantes enlacées” pour le Musée Marmottan

Auguste Rodin (1840-1917), notre célèbre artiste français, dont la côte est montée à +98% entre 2000 et 2018 selon le site ARTPRICE a eu pourtant beaucoup de difficultés à imposer son style de son vivant. Il échoue 3 fois au concours d’entrée à l’Ecole des beaux arts de Paris. Sa légende se construit sur une reconnaissance tardive.

Coïncidence avec mon sinistre,  la vente aux enchères d’un plâtre similaire a été adjugée à plus de 100 000 euros à l’hôtel MARTINEZ à CANNES sous le marteau de Maître BESCH . Sur le site d’information RTL on peut lire “L’œuvre datant de 1896 et offerte par le sculpteur à son ami Claude Monet a été adjugée 108.000 euros, mercredi 15 août”.

Cette vente s’est déroulée quelques jours après le dépôt de notre rapport; aucune estimation n’était avancée sur le catalogue de vente.

Auguste RODIN “Bacchantes enlacées” figurant page 68 du catalogue de vente BESCH CANNES AUCTION du 15 août 2018

 

L’oeuvre endommagée peut être restaurée

Une estimation de l’oeuvre endommagée datée de 2015 a été rédigée par un Expert en objets d’art de nationalité étrangère pour une valeur de 25 000 euros en “valeur gré à gré”.

Comment expliquer un tel écart entre cette estimation et la vente du 15 août ?

Il me semble que ces paramètres peuvent être avancés en autres :

  • le marché qui évolue très rapidement pour un type d’oeuvre rarement mise aux enchères ou introuvable sur le marché de l’art,
  • la difficulté d’évaluer une sculpture en plâtre par rapport au bronze,
  • une approche variable selon les régions géographiques, la nationalité des artistes évalués ou encore le lieu de la vente.

Revenons à notre sinistre : après avoir établi les circonstances et les responsabilités, nous avons validé un devis de restauration proposé à hauteur de 3 000 euros qui prend en compte les frais de transport avec assurance à l’atelier. En outre, le professionnel précisait qu’il appliquerait la méthode de réversibilité c’est à dire que les matériaux et moyens utilisés pour la restauration ne détruiront pas l’oeuvre.

En conclusion, nous signons un procès verbal d’expertise contradictoire immédiatement avec mon confrère ce qui nous permet de respecter nos engagements auprès de nos mandants en terme de délai. Dans cette affaire, l’intérêt supérieur de la sauvegarde du patrimoine artistique est un argument à prendre en compte dans la valorisation des oeuvres d’art.

 

 

 

 

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